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In Volt, l'enfer orgastique sur terre

  • Mag. Tramoy
  • 6 juin 2018
  • 5 min de lecture

3 juin 2018 au Rock à Gogo, Mormoiron (84)

Je commence quelquefois mes mini-articles par : si t'as raté ça, t'es un âne. Mais là, d'une part, ça ne sera pas un mini-article et d'autre part, il me faut une intro moins ordinaire pour un groupe extraordinaire. Une intro qui résonne comme un coup de foudre (ah ah trop facile et en plus je l'ai déjà faite) mais là encore, pas un coup de foudre ordinaire. Un de ceux qui se propagent, créent des fissures, des tremblements de terre. L'apocalypse quoi ! Et quand tu viens à peine de sortir d'un concert de Cantat, tu as besoin d'un truc qui envoie. J'ai trouvé le truc qui envoie.

In Volt est dans la place !


Quand je vais à un concert, il y a plusieurs possibilités. Soit je ne connais pas le groupe, je découvre, j'aime... ou pas. Soit c'est des potes que je connais bien et que j'aime, et là, finalement, pas besoin de trop écouter, la présence suffit, et je me désaltère et je fais la folle. Soit c'est un groupe qu'on m'a vendu, pour qui j'ai gratté, cherché, trouvé des affinités... à distance, en virtuel. Et là, une vidéo you tube, quelque soit sa qualité, j'attends. Au tournant, forcément. L'image peut tricher. La scène ne triche pas.

In Volt, c'est William, un des deux tenanciers du Rock à Gogo, qui me les avait vendu comme si sa vie en dépendait, et le résultat a été largement à la hauteur de mes espérances. In Volt, c'est 4 parisiens venus se perdre dans un bled improbable (Mormoiron) au fin fond du Vaucluse. Mais tout de même clairement dans la seule salle rock du coin, vraiment rock je veux dire. Le Rock à Gogo porte son nom à merveille ce soir. Après une tournée mondiale française, In Volt pose donc ici ses valises pour la deuxième fois, en deux ou trois ans, on ne sait plus bien tellement ça fait un bail.


Tranquille, discret... j'avoue que je m'attendais à plus d'extravagance hors scène, mais je vois de la retenue, presque de la timidité. L 'angoisse de l'artiste, la concentration qui s'installe déjà ? ...et puis la scène s'anime. Et là... In Volt est un de ces groupes pour lequel tu ne restes pas dehors à fumer des clopes en écoutant d'une oreille distraite.

C'est pas des volt, c'est des megavolt !

Là tu te dis : Dieu n'existe pas mais le Rock'n'roll se pose obstinément comme l'enfer orgastique sur terre! In Volt, c'est ça. La classe à l'état pur. La scène devient un univers à part entière. Un big bang où les électrons s'entrechoquent et donne vie à chaque centimètre carré d'espace.


Enton, au chant, tout de noir vêtu sort tout droit d'un Batman des années 50. Il n'a pas fallu deux mesures pour que sa voix s'intègre au décor. Son frère, Jérôme, stoïque, n'en est pas moins animé d'une dextérité métallistique qui t'arrache les tripes, sollicité par l'énergie très groovy de Karim, l'extraterrestre nouvelle génération qui sauvera le monde grâce à ses 5 incisives et sa basse gigantesque. Caché, comme la plupart des batteurs, Rodolphe semble possédé par l'efficacité. Les morceaux roulent comme pierre qui mousse*. Le combo doté d'un charisme à couper le souffle transporte la salle dans une ambiance rock, un tantinet psychadélique et pourlèche les murs de pierre de riffs transcendants. Je vous l'avais déjà dit : du sleazy rock. Du rock sale d'une propreté rutilante. Du rock qui tâche et qui a des trucs à dire, ce qui ne gâche rien (et si tu ne comprends pas l'anglais, c'est pas grave, Enton t'explique de temps en temps où il veut en venir). Voilà quoi, la classe authentique, je vous dis.

In Volt donne. Il y a cette présence. Un show. Un truc qui te donne envie de crier, de siffler, de danser. Quelques bribes de morceaux sans âge et surtout des compos qui sonnent comme un leitmotiv qui t'emmène sur le fil de l'irréel. Nous n'étions pas nombreux mais nous étions mille. De 15 à 75 ans, emballés ! Parce qu'In Volt sait mettre le feu.

Ecoute. Puise dans chaque instrument. C'est ça le rock.

Moi, je ne sais pas écrire sur la musique. Je ne connais pas les mots qui déterminent tel ou tel style, telle ou telle référence. Ça m'a toujours fait chier, c'est surfait. Et puis, comme je le disais dès le départ, In Volt m'a emballée. Je fais pas du journalisme rock, je fais du gonzo en même temps.

(Pour le fun, un extrait du concert au RAG le 3 juin 2018)


Je pourrais vous raconter le nombre de bières qu'on a bu, moi et mes acolytes, parce que quand on est content, nous, on vomit pas, on se désaltère. Je pourrais vous dire que j'ai profité grave et que du coup, j'ai pas fait une seule photo, mais ça, vous avez l'habitude. Je pourrais vous dévoiler que Vinca, Vincent, Léo et Gégé, en novices du RAG, ont été aussi emballés que moi, ainsi que tous les spectateurs présents ce soir-là. Ceux-là, je vous le dis entre nous, sont quand même plutôt difficiles à conquérir d'habitude (ouais parce que quand tu vois Jack, Loïc et Jean-Mi secouer la tête, c'est tout un symbole !). Alors là, j'ai pas envie de vous parler blues, rock, métal hair, juste vous parler d'ambiance, parce que finalement un groupe de rock, une fois qu'il maîtrise son sujet, ce qui est largement le cas ici, pour nous séduire, nous public, a la dure tâche de trouver l'attitude. De toute façon, In Volt est à part. In Volt a une personnalité. Le groupe envoie son rock avec franchise. In Volt te balade sur des chemins inattendus aux frontières d'une anglicitude loufoque, portée par des riffs de guitare qui s'envolent sans t'envahir et par une section rythmique attentive et libérée qui vogue sur des vagues tantôt sécurisantes tantôt déstabilisantes. Enton a une voix très tactile, mais en plus, il bouge son corps de géant comme personne ! On A-DO-RE ! Alors, en un mot comme en 100 : les démons sont plus que bons, ils sont exquis !


Résultat : pas pu m'empêcher de m'offrir les deux premiers albums, le premier éponyme et le deuxième « Big Fire », deux petits bijoux qui n'ont rien à envier à n'importe quel groupe anglosaxon à succès. Ils peuvent carrément jouer dans la cour des grands sans complexe. Ne nous reste plus qu'à attendre la sortie du troisième opus, « Free », qui arrivera dans les bacs à la rentrée prochaine. Autant dire qu'ici, dans le sud-est, on les attend de pied ferme pour poursuivre l'aventure.


 
 
 

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